mardi 26 novembre 2019

J'ai un chat noir.

Depuis samedi, nous avons un chaton à la maison.
Il a trois mois et il est noir "noir noir" comme dans le sketch de Muriel Robin, dont on ne rit peut-être plus aujourd'hui, je ne sais pas.

      



Bref.
Ce matin j'avais décidé de l'emmener chez le vétérinaire pour son premier vaccin. La clinique étant idéalement située, au bout de la rue, nous sommes partis tous les deux, le coeur en fête, lui dans son sac à chat, moi dans mon angoisse.

J'ai peur des chiens.

Quand je suis arrivée, j'ai eu l'agréable surprise de constater que nous étions les premiers et surtout que nous étions seuls. Malheureusement, nous avions 30 minutes d'avance sur l'heure des consultations... une éternité pour mon chaton et un supplice pour moi quand j'ai vue la salle d'attente se remplir de chiens.

L'heure tournait péniblement mais à 10h tout pile, le vétérinaire est passé derrière le guichet et a commencé à consulter la liste des visiteurs.

Afin qu'il me sorte de mon agonie et qu'il me distingue dans la salle, j'ai tendu un cou de girafe et ouvert des yeux gros comme ceux des lémuriens, en le tchekant bien eyes in the eyes, convaincue que dans un tel endroit, c'est le langage corporel qui sauve.

Et j'ai eu raison !
Il m'a alors interpelée : "c'est vous le chaton ?". 
J'ai failli dire, non c'est Sweety (mon époux que j'appelle comme ça quand j'ai un truc à lui demander  que son instinct de mâle ne le pousserait pas à faire "naturellement"). Mais j'étais sous le choc entourée de tous ces chiens. J'ai juste secoué la tête et je l'ai suivi dans son cabinet où j'ai sorti le fauve de sa cage.

Bien sûr j'avais ma liste de questions mais j'ai tout de suite demandé une manugriffure en plus du vaccin...  on a ensuite échangé deux minutes, en mode éducation "bienveillante" (enfin surtout moi parce que clairement j'ai vite vu que c'était pas sa came) : était-il raisonnable de laisser seul un chaton dormir dans la cuisine la nuit, que fallait-il faire s'il déguenillait mes rideaux en lin naturel, pouvais-je lui mettre une claque de doigt sur la truffe en lui disant "non, c'est non", fallait-il lui brosser les cheveux et sinon, quelqu'un de fort pourrait-il venir, putain de merde, le tenir le temps du vaccin sinon j'allais m'évanouir ?
Puis il lui a compté les roubignoles, m'a assuré qu'il s'agissait bien d'un mâle et a pris, en continuant de me parler, sa température (et c'était pas sous le bras). Là je ne cache pas que j'ai dû faire appel à mon super-pouvoir de dédoublement de personnalité pour assister à tout ça sans montrer aucune gêne.

Est ensuite venu le temps de prendre le rendez-vous pour le rappel du vaccin. 
Tandis que mon cerveau de lémurien pensait à la meute de chiens qui m'attendait et à celle qui serait là au prochain rendez-vous, j'ai osé coming outer (c'est du franglais sorry) ma phobie. 
En vérité, il avait capté que j'étais une mère lémurienne psychotique et flippée, parce qu'il a proposé d'emblée de me faire venir en dehors des heures de consultations (je pense même que dans sa mansuétude, s'il avait pu, il m'aurait sur le champs vaccinée au lexomuche). 

C'est alors, mes amies.s, tenez vous bien, qu'accoudée au comptoir pour régler les dernières formalités administratives (mon autre phobie), j'ai vu un des chiens se soulager d'une violente diarrhée.
Et c'est sûrement à ce moment précis que j'ai vraiment failli crever. Mais le Seigneur en avait visiblement décidé autrement.

En mode  sckizophrenique Marie Martine, j'ai d'abord contenu deux trois hauts-le-coeur, puis j'ai couru vers la sortie, abandonnant au comptoir chaton en cage et toute dignité. 
Cinq minutes plus tard peut-être, les yeux exorbités (regrettant l'alcool de menthe sur un sucre de ma mère, ou le grog de ma grand-mère qui soignait si bien et faisait tout oublier), je suis courageusement retournée dans le cabinet, m'abstenant totalement de respirer, tentant de soustraire à ma vue, la flaque de selles encore mal épongée. 
Malgré tout mon courage, ou bout de quelques instants et bleue d'asphyxie au comptoir, j'ai dû me résigner de nouveau à sortir en courant, hoquetante, ne parvenant  même plus à me raisonner pour trouver le prétexte de revenir (en dehors du fait que mon chéquier était resté grand ouvert à l'intérieur ...).

M'ayant perdu de vue entre deux coups de fil au standard, le vétérinaire est venu me rejoindre sur le trottoir pour me dire "je m'occupe de toute la paperasse Marie Martine et dès que c'est bon je vous dis de revenir". 

Croyez le ou non je n'ai jamais été aussi rapide pour régler des formalités administratives et je suis  rentrée chez moi, pressée comme si j'avais la diarrhée, épuisée comme si j'avais passé la matinée à prendre la température de tous les chatons des Hauts de France ....
Bref, j'y retourne dans un mois pour le rappel de vaccin et 2 semaines après pour les roubignoles ...
On n'est pas sorti de l'auberge.





mardi 5 novembre 2019

Hors normes ...

Chères Amies, chers Amis !

Je vais bien.

J'aimerais vous dire qu'enfin "ça y est", j'ai mes premiers clients de renom et que j'ai touché mon premier vrai salaire à la sueur de ma matière grise, mais la vérité, c'est que non ...
L'agence WoM CoM n'a pas encore encaissé ses premiers revenus mais une belle visibilité se construit quand même.
Une marque française de taille très (très) flatteuse m'a contacté en mai dernier, sans que malheureusement je ne puisse donner suite, faute d'équipe constituée dans le laps de temps imparti. D'autres demandes ou marques d'intérêt me sont parvenues grâce à mes diverses publications sur les réseaux et en presse pro. Mon sujet et mon approche intéressent, c'est certain, ce qui est un bon signal pour tenir et poursuivre.
Par ailleurs je travaille également (mais en pointillés seulement) sur le projet d'urnes cinéraires dont j'ai dû vous parlé ici, je crois, il y a déjà plusieurs mois.
J'aimerais également pouvoir publier le modeste travail de recherche réalisé lors de mon master spécialisé en marketing et communication digitale. Un an bientôt que j'ai soutenu cette thèse professionnelle et quand je pense au travail que cela m'a demandé dans un contexte un peu tendu (déménagement notamment), je me dis que cela vaut peut-être la peine de pousser plus loin le partage.

Il y a eu tout de même, depuis notre installation, de belles collaborations, avec Le Rucher Créatif  d'abord, pour qui j'ai rédigé le contenu du site web (réalisé par l'agence IKADIA) ainsi qu'un livret d'accueil expliquant en quoi consistait ce tiers-lieu. C'est un endroit à Troyes où j'aime me rendre et une association à laquelle j'ai adhéré en arrivant en septembre dernier afin d'élargir mon réseau sur place.

Il y a aussi, parmi les projets réalisés, cette belle victoire partagée hier soir avec l'association Mauboussin Aéro Collection qui concourait devant le jury du très prestigieux Aéro Club de France pour le Grand Prix du Patrimoine de l' Aéronautique 2019. 
L'association revient fraîchement de Paris avec en poche un chèque de 5000 euros et une belle 4 ème place qui récompense les efforts de tous ces passionnés, qui depuis des années restaurent les avions du patrimoine français. D'autres beaux projets verront le jour avec cette association qui ne manque pas de passion ni de ressource !

Parallèlement et dans un autre registre, je suis de près la scolarité des enfants. 
Chacun cette année exerce par ailleurs une activité qui lui plait, Dessin/BD aux Beaux arts pour Fouiny devenu dingue de Mangas, chant pour Chouiny (qui vient de changer de groupe pour reprendre des chants plus simples que ceux proposés en allemand ou anglais au groupe de grandes dans lequel elle démarrait à la rentrée) et qui faute de timing abandonne la poterie, et enfin, danse virevoltante pour Couiny qui fêtait le mois dernier ses 6 ans, toutes deux sont au conservatoire.
Les trois font également de l'escalade.

J'ai pour ma part abandonné le yoga mais je m'accorde du temps en me rendant très régulièrement au cinéma. Le titre de ce billet est une injonction à aller voir le film bouleversant sur l'autisme et l'hypocrisie d'un système qui ne parvient pas à trouver les ressources pour prendre en charge ses malades, soulager les familles mais reproche par ailleurs aux institutions qui tentent de proposer une alternative de le faire en dépit des lois, menaçant ces associations de les contraindre à mettre clé sous porte. (voir sur ce sujet l'association Le silence des Justes).

Je me suis aussi engagée, en adhérant et me faisant le relai de tous les féminicides dénoncés en France depuis le début de l'année, à l'association Putain de guerrières.
Je ne sauverai pas le monde c'est entendu, mais je ne resterai pas indifférente non plus. Longtemps j'étais meurtrie par tout ça, révoltée, sans savoir quoi faire pour aider ou soutenir, en fonction de mon temps, de mon argent. Aujourd'hui j'ai décidé de choisir des causes et de ne rien lâcher.
Je ne consulte plus guère de blogs, mais passe beaucoup (trop) de temps sur instagram où j'ai retrouvé bien entendu bon nombre d'entre vous et encore d'autres belles portes se sont ouvertes.
Je ne regrette pas du tout d'avoir pu quitter l'entreprise dans laquelle je travaillais et n'avais absolument rien à faire. Le temps fait son oeuvre, 14 ans avant de quitter tout cela c'est long, mais certainement était-ce nécessaire. J'étais parfois tellement stressée que mon cerveau ne fonctionnait plus. Aujourd'hui, j'ai récupéré une bonne partie de mes facultés et m'en découvre chaque jour aussi.
Je n'ai plus à feindre d'être en adéquation avec des valeurs qui ne sont pas les miennes, mais grâce à tout ce temps en entreprise je me suis construite et ça n'aurait pas été si riche sans ces embuches et ces mauvaises rencontres.

Je lis peu (de roman) mais si vous ne savez pas quoi lire en ce moment, je vous recommande le dernier livre de Sophie Fontanelle, Nobelle, que j'ai adoré, pour son enfance, sa délicatesse et tous ces mots qui sont autant de tournure comme "l'écrivaste" ... Un mot qui en dit beaucoup d'autres, elle est très forte pour cela !

Je vois encore Sempé de temps à autres, avec, vous pouvez l'imaginer, une joie terrible d'enfant.
Parfois la banlieue et Paris me manquent, alors je file par le train dans la journée et tout rentre dans l'ordre.
Je tricote et crochète encore un peu, m'interroge beaucoup sur la douance, l'hypersensibilité et l'éducation. Evidemment je suis encore trèèèèèès loin d'être ce que je crois être au fond de moi, avec les enfants surtout, mais j'y réfléchis beaucoup et autant que je le peux, je rectifie mes erreurs.
J'ai découvert pour m'y aider bien des pistes, n'hésitez pas à me poser vos questions en com, je vous les partagerai bien volontiers.

Ce billet est tout à la fois, un peu rapide ou trop long (pour celles ou ceux qui auraient aimé avoir quelques images, en savoir d'avantage sur ce en quoi consistait mon travail, quels étaient mes encours crochets/tricots du moment et mes dernières astuces beautés ... je déconne) mais il vous donne signe de vie, une vie bien remplie qui se réjouira d'avoir des nouvelles des vôtres !

Je vous embrasse !

vendredi 12 juillet 2019

Bientôt un an !

Voici donc presque tout pile un an que nous avons quitté notre banlieue du 92 pour venir nous installer en province, à Troyes.

Alors ? me direz vous, on en est où du bilan d'exilé ?

L'année est passée très vite, les petits ont plus ou moins trouvé leurs marques et Sweety a survécu aux allers-retours en train pour aller travailler à Paris. 
De mon côté j'ai bouclé mon Master à l'ESCP, et j'ai créé mon agence en Janvier.

Evidemment sur place tout était à reconstruire, car même si nous y avons retrouvé bon nombre de nos amis, il a fallu se bouger pour le réseau professionnel.

J'ai vite rejoint un tiers-lieu très sympathique (Le Rucher Créatif) d'abord pour sortir de l'isolement d'auto-entrepreneuse mais aussi pour apporter mon aide et intégrer la commission de communication de l'association. Grâce au Rucher j'ai également animé un atelier sur l'humour de connivence en marketing qui m'a donné de la visibilité.
Parallèlement, j'ai bossé avec l'aide d'une précieuse amie de promo (Maha ma Biche si tu passes par là !) ma campagne auprès de la presse (locale et nationale) pour faire connaître l'agence et ses objectifs. J'ai également très vite rejoint un réseau d'entrepreneuses, Créez comme Elles.

Comme je l'avais évoqué dans un précédent billet, je travaille sur deux projets. Le développement de l'agence et un projet de start-up démarré pendant mon cursus à l'ESCP.

L'agence a bien gagné en visibilité au point où une très belle marque française m'a contactée pour répondre à un appel d'offre. La mission était absolument géniale, avec plusieurs chantiers. N'étant pas suffisamment staffée, j'ai dû finalement renoncer mais je reste très optimiste et satisfaite de voir que ce que je propose rencontre son succès. 
Quant au projet start-up, il avance plus tranquillement que je ne l'aurais souhaité mais je prends beaucoup de plaisir à y travailler également.

Pour l'instant, le rythme est moins soutenu que lorsque je travaillais à Paris mais ce que je fais me procure beaucoup de satisfaction. Cela m'a également permis de bien suivre la scolarité des enfants, ce qui était, après un changement d'école, tout à fait nécessaire.

Paris me manque parfois, Jean-Jacques Sempé aussi, mais j'essaie de m'y rendre de temps à autres (le plus souvent je l'avoue pour des rendez-vous bien spécifiques et donc je ne vois que peu mes amies). Nous ne sommes qu'à 1h20 en train quand il est à l'heure... et sinon je prends des nouvelles de tout le monde grâce à Instagram !

J'aime Troyes et j'aime pouvoir prendre ma voiture (de temps en temps et toujours en pensant au mono Eric, souvenez vous ...) pour rendre visite à mes grand-mères et mes parents. Je conduis plutôt mal parce que trop peu, la première vitesse couine encore au démarrage et l'embrayage patine plus souvent qu'à son tour, mais je crois que je commence à me rappeler de mieux en mieux quel carburant je dois mettre avant d'être à sec. Parfois quand je ne sais plus, j'appelle Sweety au bureau ... ou je demande à un voisin de pompe s'il veut bien m'aider à revisser ce fucking bouchon de réservoir. Donc je progresse. Lentement.

Au final, toute cette lenteur c'est un peu à cause de la province. Mais on s'y fait... enfin, j'essaie de ne pas m'énerver.

La ville est surtout très bruyante et moins rassurante je trouve que notre petite ville de banlieue qui finalement était très bourgeoise et paisible. Quelqu'un pétait dans la rue, la BAC intervenait et j'avoue, j'aimais ça. Ça me rassurait. Ici ils doivent être en sous effectif. Ou alors c'est qu'en face ils sont plus nombreux. Bref, j'ai acheté des boules quiès.

En dehors de cela, la ville de Troyes est vraiment belle, accueillante, souriante. On y mange bien et on y pratique beaucoup d'activités très agréables qui se terminent souvent par une coupe de Champagne.
Les enfants pour la rentrée prochaine iront aux Beaux Arts et au Conservatoire, danser, chanter, dessiner, modeler. Je vais détester le mercredi mais ils devraient s'épanouir. S'ils ont le talent que j'espère, nous monterons une troupe de farfadets et traverserons la France en représentation, moins dopés que les cyclistes du Tour.

Voilà pour les nouvelles mes bijoux, si vous avez tout lu vous aurez envie de venir visiter Troyes mes mignons et qui sait ? Peut-être voudrez-vous tout plaquer, banlieue et ligne 13, pour venir vous rouler dans l'andouillette au Chaource, vous enivrer au Champagne, vous finir à la prunelle de Troyes et poser ici vos valoches. Allez savoir.






Voyez comme je ne vous raconte pas d'histoire, la ville est belle !!






Le MOPO dont je vous ai souvent parlé (sur instagram) est un musée splendide incontournable (où en ce moment on peut jouer du pipo, encore plus souvent qu'à la maison) !



Et sur ce, gros bisous mes poulets ...


(Cette splendide photo, prise par Frédéric Lopez le talentueux, a été prise lors de l'instameet organisé par Troyes Champagne Tourisme hier soir. La vue était splendide ...)


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